« Je suis pâtissier breton et voici ma recette de far aux pruneaux si moelleuse qu’on la déguste à la cuillère ! »

« Je suis pâtissier breton et voici ma recette de far aux pruneaux si moelleuse qu’on la déguste à la cuillère ! »

Je m’appelle Yann, et le parfum du far breton qui dore doucement dans le four est la madeleine de Proust de mon enfance. Né à Quimper, j’ai grandi dans le respect des traditions culinaires de ma région, où chaque famille détient sa propre version de ce dessert emblématique, transmise comme un trésor de génération en génération. Aujourd’hui, ce n’est pas une simple recette que je vous confie, mais un véritable morceau de mon héritage, le secret d’un far aux pruneaux d’une tendresse inouïe, d’un moelleux si exceptionnel qu’il en oublie sa consistance de gâteau pour flirter avec celle d’un flan crémeux. Oubliez les fars un peu denses, parfois secs, que vous avez pu goûter. Celui-ci est différent. Sa texture, à la fois riche et aérienne, fond littéralement en bouche et se savoure, non pas à la fourchette, mais bel et bien à la petite cuillère, comme une crème dessert réconfortante.

Le secret ne réside pas dans un ingrédient magique introuvable, mais dans un tour de main, un équilibre parfait entre les ingrédients et une cuisson maîtrisée avec patience. C’est une danse précise entre la farine, les œufs et le lait, qui donne naissance à cette texture si particulière. Ce far, c’est la promesse d’un voyage sensoriel au cœur de la Bretagne, une invitation à partager un moment de pure gourmandise, simple et authentique. Alors, enfilez votre tablier, suivez-moi pas à pas, et préparez-vous à réaliser le meilleur far aux pruneaux de votre vie. Un dessert qui raconte une histoire, celle de ma terre et de ma passion.

15 minutes

50 minutes

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. La préparation des pruneaux, le secret du moelleux

Commencez par l’âme de ce dessert : les pruneaux. Cette étape est cruciale et ne doit surtout pas être négligée, car elle garantit des fruits incroyablement tendres et parfumés qui ne dessècheront pas votre far. Placez vos pruneaux dénoyautés dans un bol. Faites chauffer environ 25 centilitres d’eau ou de thé noir léger jusqu’à frémissement, puis versez le liquide chaud sur les pruneaux. Laissez-les se réhydrater et gonfler tranquillement pendant au moins une heure. Si vous êtes pressé, vingt minutes suffiront, mais plus ils trempent, meilleurs ils seront. Une fois ce temps écoulé, égouttez-les soigneusement et remettez-les dans le bol. Arrosez-les généreusement avec le rhum ambré. Mélangez délicatement pour bien les enrober et laissez-les macérer le temps de préparer le reste de la recette. Cette macération va leur conférer un parfum subtil et une douceur incomparable.

2. La confection de l’appareil, la quête de la texture parfaite

Avant de débuter, assurez-vous d’avoir à portée de main les ingrédients frais suivants, non listés ci-dessus : 3 gros œufs, 50 centilitres de lait entier et 50 grammes de beurre demi-sel. Préchauffez votre four à 180°C (thermostat 6). Dans une petite casserole, faites fondre doucement le beurre et tiédir le lait. Attention, le lait ne doit pas bouillir, juste être tiède au toucher. Dans un grand saladier ou dans la cuve de votre robot, versez la farine, le sucre en poudre, le sucre vanillé et la pincée de fleur de sel. Creusez un puits au centre, comme un petit volcan. Cassez-y les œufs un par un. À l’aide d’un fouet, commencez à mélanger doucement les œufs au centre, en incorporant petit à petit le mélange sec des bords. Une fois que vous obtenez une pâte épaisse et homogène, versez lentement le beurre fondu tout en continuant de fouetter. Enfin, incorporez le lait tiède en un mince filet continu. Allez-y doucement pour éviter les grumeaux. Vous devez obtenir un appareil, c’est-à-dire un mélange liquide destiné à être cuit, qui aura la consistance d’une pâte à crêpes légèrement plus épaisse, parfaitement lisse et sans aucun grumeau.

3. L’assemblage et la cuisson, la naissance de la magie

Beurrez très généreusement votre plat, de préférence un plat rond en terre cuite d’environ 22 centimètres de diamètre. N’hésitez pas sur la quantité de beurre, il va nourrir les bords du far et leur donner un goût et une couleur magnifiques. Répartissez harmonieusement les pruneaux imbibés de rhum au fond du plat. Essayez de ne pas les superposer pour qu’ils soient bien distribués dans le gâteau final. Versez ensuite délicatement l’appareil à far par-dessus les pruneaux. Certains vont peut-être remonter à la surface, c’est tout à fait normal. Enfournez sur une grille à mi-hauteur pour environ 45 à 50 minutes. Le far est cuit lorsque les bords sont bien dorés et légèrement soufflés, et que le centre est encore très légèrement tremblotant. Ne le cuisez pas trop ! C’est ce cœur à peine pris qui lui donnera sa texture fondante si caractéristique. Une lame de couteau plantée au centre doit ressortir humide mais propre.

4. Le repos, l’étape indispensable

Une fois la cuisson terminée, sortez le far du four. Il sera joliment gonflé, c’est un spectacle ! Ne vous inquiétez pas, il va légèrement retomber en refroidissant, c’est le comportement classique d’un flan. Laissez-le impérativement tiédir à température ambiante dans son plat pendant au moins une heure avant de penser à le déguster. Cette étape de repos est fondamentale : elle permet aux arômes de se développer et à la texture de se stabiliser. Un far breton se déguste tiède ou à température ambiante, mais jamais, au grand jamais, froid sorti du réfrigérateur. Le froid anesthésierait ses saveurs délicates et durcirait sa texture crémeuse. La patience est la dernière touche de secret de cette recette.

Clémentine

Mon astuce de chef

Pour un goût encore plus authentique et une saveur bretonne incomparable, utilisez impérativement du beurre demi-sel. C’est le sel contenu dans le beurre qui va agir comme un exhausteur de goût et créer un contraste divin avec la douceur des pruneaux et le sucre de l’appareil. C’est un détail qui change absolument tout au résultat final et qui signe les vrais fars bretons.

Quel breuvage pour escorter ce far breton ?

Pour rester dans la plus pure tradition bretonne, l’accord parfait est sans conteste un cidre brut artisanal. Ses fines bulles et sa légère amertume apporteront de la fraîcheur et viendront équilibrer la richesse et le sucre du dessert. Choisissez un cidre fermier pour plus de caractère.

Si vous préférez le vin, un vin blanc moelleux de la Loire comme un Coteaux du Layon ou un Vouvray sera un compagnon élégant. Leurs notes de fruits confits et de miel feront écho à la douceur des pruneaux.

Enfin, pour une dégustation plus simple et réconfortante, un bon café fraîchement moulu ou un thé noir nature sauront sublimer les arômes vanillés et ambrés du far. Une simplicité qui a du bon !

L’info en plus

Le saviez-vous ? À l’origine, le far breton n’était pas un dessert ! Son nom vient du latin ‘far’, qui signifie froment, et désignait une bouillie de blé épaisse. C’était un plat salé, souvent cuit dans un sac de toile plongé dans le bouillon du pot-au-feu, servant d’accompagnement à la viande, un peu comme le fameux ‘kig ha farz’. Ce n’est qu’au cours du XIXe siècle que la recette a évolué, s’enrichissant de sucre, d’œufs et de lait pour devenir le flan gourmand que l’on connaît aujourd’hui. Les pruneaux, quant à eux, ont été ajoutés plus tardivement, lorsque les marins bretons en rapportaient de leurs voyages, notamment d’Agen. Ce dessert est donc le fruit d’une belle histoire, celle d’un plat paysan simple qui a su se transformer en une douceur reconnue.

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